Cueillette et paniers de légumes 10, 15, 20 euros
Publié le 10/04/2013 à 06h00 | Mise à jour : 10/04/2013 à 11h46
Par emmanuelle chiron
Sud Ouest
De l’éducation aux champs, il n’y avait qu’un pas, franchi en 2010 par Guillaume Clément. L’ancien coureur de demi-fond entame sa troisième année bio.
Il y a trois ans, Guillaume Clément s’est lancé dans la folle course de la culture bio. Qu’est-ce qui a poussé ce sportif, ancien coureur de demi-fond, à quitter le secteur de l’éducation pour retourner la terre ? L’envie de créer sa propre entreprise. Il n’a pas choisi la facilité. Il est parti de zéro avec l’apprentissage, sur le terrain, de la culture maraîchère. Guillaume Clément ne s’est pas non plus trituré les méninges pendant des mois avant de se tourner vers le bio. Le cahier des charges de ce type d’agriculture correspondait au mode de fonctionnement qu’il envisageait déjà.
Un panier sans engagement
Après trois ans d’exploitation, il a obtenu la certification bio en juin 2012 et double la surface de son terrain à Saint-Jean-d’Angély. De 3 200, il passe à 6 400 mètres carrés. La motivation est donc toujours bien implantée chez l’ancien sportif malgré deux premières années chargées.
« Il faut bien deux ans pour avoir un roulement de la clientèle, confie Guillaume Clément. En 2012, j’ai augmenté mes commandes, je suis passé à 30 paniers par semaine, c’était l’objectif de mon installation. Là, avec le doublement de la surface, je vise 40 paniers. »
Guillaume Clément fait partie de ce nouveau profil de l’agriculteur bio. Issu d’un métier aux antipodes de celui qui le pousse tous les matins à quitter son logis d’Asnières-la-Giraud pour s’occuper de son terrain à Saint-Jean-d’Angély, il a su innover pour attirer la clientèle.
Il vend ses légumes bio en circuit court, jusque-là rien de bien nouveau, mais sur Internet. Sur son site, Les Jardins Clément, le client peut composer lui-même son panier avec la gamme de produits proposée dans la semaine par l’agriculteur. Pouvoir choisir et acheter sans engagement sur six mois ou plus, c’est la vraie différence d’un autre système de vente en bio aujourd’hui bien connu des consommateurs : l’Amap.
« Toutes les semaines, j’annonce ce que je peux récolter en ajoutant des produits de deux fermes voisines afin de donner plus de diversité, précise Guillaume Clément. J’envoie un mail aux clients, libre ensuite à eux de composer leurs paniers comme ils le souhaitent. »
La notion de groupe
Après un essai infructueux de vente directe à la ferme, le nouvel agriculteur a changé son fusil d’épaule. « Au début, la vente à la ferme plaît beaucoup, mais les contraintes de la vie quotidienne mettent un frein à cette idée. Depuis que je ne marche qu’avec la livraison, j’ai gagné des paniers en plus. »
Dans les paniers de Guillaume Clément, pas de surprise. Le consommateur sait d’où cela provient. La fraîcheur est assurée.
« Je fais mon plant de culture de façon annuelle. Après, j’essaye de m’adapter à la demande, mais la diversité de produits que demande la culture bio est importante. En cas de surplus, j’ai toujours la possibilité de vendre à des collègues qui n’auraient pas ce légume-là. » La petite entreprise de Guillaume pousse doucement. L’agriculteur vient de signer un contrat avec la Biocoop pour certains de ses légumes. « J’ai quand même attendu trois ans avant de partir dans cette aventure. Là, je m’engage sans risque de me louper sur la quantité et la qualité de ce que je peux produire. »
Adhérent au Gab 17, il y a puisé la formation pour mener à bien son installation. L’idée de groupement lui semble essentielle. « Dans ce métier, vous êtes vite isolés. Avec les structures comme le Gab, on s’ouvre, on se tient informer. C’est très facile sinon d’enfouir sa tête dans le travail, car c’est beaucoup de travail ! »
Bien qu’il n’aime pas évoquer ce sujet, Guillaume Clément avoue que le label bio, aujourd’hui, peut desservir les petits producteurs.
« Il y a ceux qui pensent bio, jusqu’au-boutistes, et d’autres qui y voient un business, et c’est vrai, certaines marques s’en sont emparées. »
L’agriculteur pense également que le terreau angérien est fertile. « Mais il faut s’ouvrir sur l’extérieur. Ici, le niveau de consommation est quand même sinistré. Il y a sûrement des gens intéressés, mais ils ont d’autres préoccupations que le bio. »